Dans sa lettre ouverte à la communauté LGBTI du 16 avril 2017, Emmanuel Macron s’engageait, au nom de l’égalité, en faveur de la PMA en France et de la GPA, partout ailleurs qu’en France. Sa position en faveur de la GPA hors de France révèle d’ailleurs son hypocrisie et sa tolérance à l’égard d’un gigantesque marché d’exploitation des ventres.

Ce n’est donc pas la question de sa résolution à avancer dans ce sens que se pose Macron, mais celle du timing le plus approprié pour esquiver au mieux toute opposition. Marlène Schiappa s’était avancée sur la date de 2018. Edouard Philippe, a reporté cet engagement.

Le gouvernement aurait tort de ne pas ouvrir un large débat démocratique sur un sujet aussi  sensible, qui ne doit pas tant porter sur le droit à l’enfant, que sur le droit de l’enfant. Rappelons d’emblée que la convention des droits de l’enfant de l’UNICEF stipule dans son article 7 : « L’enfant est enregistré aussitôt sa naissance et a dès celle-ci le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. »

Le sujet est donc bien celui de la filiation biologique et des implications que peuvent entraîner sa rupture. Un article récent exprimait le profond malaise que peuvent ressentir les enfants nés de PMA :


Il faut aussi affirmer que la PMA et la GPA sont des marchés gigantesques ou la règle du commerce et du profit s’appliquent. Nous ne sommes pas dans le domaine de la médecine qui répare ou qui soigne, mais dans le domaine de la consommation.


Si ce débat sur la filiation est si sensible, c’est malheureusement en raison de cette fausse conception de l’égalité qui fait souvent taxer d’homophobe réactionnaire de droite celui qui ose affirmer son désaccord au dépassement de la filiation biologique ! Or comme nous le verrons plus loin, des philosophes et intellectuels de gauche, respectueux de la communauté LGBT, peuvent eux aussi s’opposer à la PMA et GPA pour tous. Ce sujet est un sujet de société, qui concerne tout le monde, et qui dépasse le clivage politique droite-gauche.


En réalité, le débat qu’il faut avoir est bien celui du transhumanisme comme l’explique très bien Rafik Smati et François-Xavier Bellamy dans les vidéos et articles qui suivent :

Le philosophe Michel Onfray prend lui aussi position contre la PMA pour toutes en anticipant les revendications qui suivront, au nom de ce faux principe d’égalité.


A gauche s’élèvent des voix contre la PMA. Celle de Sylviane Agacinski, philosophe et épouse de Lionel Jospin, est connue depuis longtemps. Plus récemment, le journal Charlie Hebdo qu’on ne peut taxer être de droite rédigeait ce dossier :


José Bové a une position similaire et parfaitement cohérente. Accepter la PMA, c’est ouvrir la boîte de pandore pour l’eugénisme et l’homme augmenté.


Directeur de recherche honoraire à l’Inserm, Jacques Testart s’est consacré aux problèmes de procréation naturelle et artificielle chez l’animal et l’homme. Il a notamment donné vie au premier bébé éprouvette. Il s’élève contre le dévoiement de la médecine consistant à augmenter et non pas réparer.


Cette opposition à la PMA et aux autres extensions de ce principe d’égalité, telles que la GPA ou l’accès à l’utérus artificiel, met en difficulté le gouvernement. Car face à sa vision idéologique, une opposition légitime s’élève. Ceci explique sa difficulté à afficher clairement ses intentions comme l’illustre cet interview de Marlène Schiappa. Le gouvernement avancera-t-il masqué ou saura-t-il ouvrir un véritable débat sur le transhumanisme ?